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AR TONELICO


Après deux épisodes de la saga Atelier Iris fort réussis, les studios GUST tentent une nouvelle percée en Occident avec Ar Tonelico. Reprenant leur recette habituelle mêlant gameplay old school et visuel kawai, ce titre est d’ores et déjà assuré de plaire aux joueurs ayant déjà mis les pieds dans l’univers magique d’ « Atelier ». Mais le soft en a-t-il suffisamment dans le ventre pour supporter la concurrence féroce qui sévie désormais dans le domaine, notamment avec l’arrivée des consoles next-gen ? Rien n’est moins sûr.
 
     

 

 


Titre : Ar Tonelico
Titre original : Ar tonelico Sekai no Owari de Utai tsuzukeru Shôjo
Genre : RPG
Année : 2006
Développeur : Gust
Editeur : Koei
Plate-forme : PlayStation 2

Sortie Asie : 26/01/2006
Sortie USA : 06/02/2007
Sortie Europe : 02/08/2007

Fiche reliée


» Ar Tonelico
 
 
 

Saleté de Virus…

Le monde d’Ar Tonelico est composé de continents flottants dans les airs, surplombés par une immense tour de plusieurs milliers de kilomètres de haut. Notre héros, dénommé Lyner Barsett, vit en haut de cette tour dans une ville baptisée Platina située juste avant la « Blastline », c'est-à-dire l’altitude limite théorique supportable pour un être humain. Mais cet édifice surprenant s’étend encore beaucoup plus loin…

Notre histoire commence alors que la cité de Platina est attaquée par une horde de virus, des créatures hostiles d’origine inconnue (ou presque) dont les chevaliers d’Elemia (les forces armées de Platina) n’arrivent pas à se débarrasser. Afin de mettre la main sur un cristal magique capable de lutter contre cette dangereuse invasion qui risque d’entraîner la destruction de la race humaine, Lyner est contraint de se rendre d’urgence dans le monde d’en bas à bord d’un vaisseau spatial. Son voyage se terminera malheureusement de manière très brutale, au point de rendre son engin inutilisable. La route sera longue pour Lyner, qui va devoir s’entourer de précieux alliés pour accomplir sa quête.

     


Tout est une question de Reyvateils !

Ce nom on ne peut plus barbare désigne la race des magiciens dans Ar Tonelico. Il s’agit d’humanoïdes possédant la capacité de créer des sorts magiques à partir de chansons. Mis à part les Reyvateils, personne d’autre n’est capable d’utiliser la magie proprement dite. Leur apparence est celle de jolies jeunes filles/femmes, et ces demoiselles nécessitent d’avoir un partenaire masculin pour exercer leur art à leur plein potentiel. Lyner en rencontrera deux lors de son aventure terrestre, qui se disputeront en quelque sorte son exclusivité. Parmi celles-ci figure la petite Misha, qui est soi-disant son amie d’enfance dont il a oublié l’existence. Cette boule de nerf dispose d’un corps d’adolescente de 12 ans mais en a en réalité 18. L’autre candidate est Aurica, une frêle et timide jeune femme de 17 ans ayant mis ses services à disposition de l’église d’Elemia. Son complexe d’infériorité fait qu’elle demeure très introvertie et relativement peu bavarde.

Outre sa mission principale qui consiste à découvrir un moyen de sauver le monde, Lyner devra accessoirement renforcer ses relations avec Misha et Aurica, de façon à obtenir leur confiance totale et ainsi développer leur pouvoir. Cela se traduit par des discussions privées avec chacune d’entre elles lorsque l’occasion se présente (autrement dit lorsque vous avez accompli certaines actions clef ou trouvé des sujets de conversation disséminés à travers les différents lieux possibles). Une fois un certain cap de confiance atteint, Lyner débloque les « cosmospheres » de ses compagnes Reyvateils, ce qui lui permet de plonger dans leur subconscient. Ces cosmospheres représentent des niveaux à part entière, mais, à l’instar des jeux de drague typiquement asiatiques, sont uniquement basés sur le dialogue avec les individus imaginaires y figurant. Ceux-ci correspondent aux émotions refoulées du Reyvateil « exploré » incarnées sous forme de personnages réels de l’histoire. Ils informent Lyner sur l’état d’esprit du Reyvateil et la façon dont elle considère vraiment les protagonistes en question.

Ainsi, plus vous avancez profondément dans les cosmospheres, plus vous en apprenez sur la psychologie de vos Reyvateil. Mais ce n’est pas tout puisque vous débloquez également des compétences supplémentaires pour celles-ci. Ne négligez donc pas la partie « Diving » du jeu, car même si elle demeure presque entièrement optionnelle – vous pouvez finir le soft sans forcément explorer toutes les cosmospheres – vous manquerez énormément de choses si vous ne tentez pas l’expérience intégralement. Notamment les costumes cachés qui renforcent certains paramètres (cosplay fan-service inside !), ou encore des chansons bien plus puissantes.

Des combats originaux et dynamiques

Si vous avez joué à Atelier Iris, vous trouverez une similitude dans les commandes lors des combats, qui se présentent dans leur globalité comme de bons vieux classiques du tour par tour. A la différence près que les Reyvateils introduisent de nouvelles notions cruciales pour la bonne issue de vos batailles les plus difficiles. En résumé, vos guerriers purs sont disposés en position frontale, dans le but de protéger le Reyvateil des attaques ennemies. Ils attaquent continuellement afin d’affaiblir l’adversaire, tandis que votre magicienne chante, remplissant ainsi une jauge de puissance. Les chansons possèdent des effets variables, allant de la création d’une boule d’énergie façon Genki Dama (cf Dragon Ball Z) jusqu’aux sorts de soin ou de renforcement de statut. Lorsque vous jugez la préparation de l’attaque magique satisfaisaite, vous pouvez activer celle-ci pour généralement anéantir totalement le groupe ennemi dans un déluge d’effets spéciaux. Classieux et efficace, ce système a le mérite de nous changer du tour par tour traditionnel en apportant un peu d’originalité ainsi qu’un rythme sans cesse soutenu.

La notion la plus importante à assimiler reste le fonctionnement de la jauge d’« Harmonics ». Les attaques de vos guerriers associées aux tours de votre Reyvateil font avancer un indicateur pour chacune des deux formations. Lorsque la jauge des premiers rencontre celle de la magicienne, votre coefficient d’harmonics augmente d’un niveau, boostant par la même occasion les capacités générales de l’équipe. Si ce gain d’efficacité ne vous est pas foncièrement nécessaire, sachez tout de même que les bonus de fin de bataille dépendent aussi de votre niveau d’harmonics. D’où l’intérêt de bien équilibrer vos actions à chaque fois. Et au final, on se rend compte que la véritable difficulté du titre provient de ce système. Non pas que la force des ennemis nous empêche de mener à bien l’escalade des levels puisqu’il s’agit justement du contraire ! Les monstres, qui s’avèrent peu résistants du début à la fin du jeu, meurent trop rapidement bloquant notre progression au niveau deux ou trois alors que les meilleurs bonus s’obtiennent au quatrième palier (c'est-à-dire au bout de quelques trop longues et frustrantes minutes). Même les boss, qui délivrent pourtant les plus rares items, n’opposent aucune résistance et nécessitent de recommencer plusieurs fois les affrontements avec des armes peu puissantes pour ne pas éliminer la cible avant d’atteindre le but recherché.

     


Un peu d’alchimie, ça faisait longtemps…

Si j’insiste sur les items à gagner en tant que récompenses de combats, c’est parce que ces derniers s’avèrent très utiles pour le « Grathmeld », qui correspond dans les grandes lignes à l’alchimie telle qu’on avait pu la découvrir dans Atelier Iris. Cet ingénieux procédé vous donne la possibilité de créer les meilleurs équipements du jeu ainsi que des items très utiles à partir de matériaux primaires récoltés tout au long de l’aventure. D’autres subtilités tout aussi intéressantes résident dans l’utilisation de vos « Grathnode Cristals » qui permettent quant à eux de personnaliser vos équipements ou les magies de vos Reyvateils en leur attribuant des caractéristiques supplémentaires (résistance accrue, dégâts de feu, etc.). Les plus acharnés d’entre vous ne passeront donc pas à côté des matériaux/cristaux les plus rares s’ils désirent obtenir une équipe de tueurs ! Mais paradoxalement, on en revient toujours au problème décrit plus haut : plus vos personnages sont forts, et moins vous avez de chance de récolter lesdits items…

Ar Tonelico, le jeu qui ne se finit jamais

Le rôle des Reyvateils ne se limite pas qu’à grandement influencer le gameplay et le système de jeu. En effet, vous remarquerez très vite que vos relations avec elles, tout comme les choix que vous allez formuler à leur égard, sont les facteurs déterminant la façon dont se déroule (et se termine) l’aventure. Le scénario d’Ar Tonelico peut emprunter deux routes différentes, selon que vous ayez favorisé Aurica ou Misha à un moment clef de l'histoire. Il vous faudra donc recommencer le jeu une deuxième fois en optant pour la deuxième option si vous désirez tout voir. Mais ce n’est pas tout, Ar Tonelico propose aussi une longue phase de jeu « cachée » (permettant entre autre de contrôler des personnages inédits) accessible lorsque l’on effectue le bon choix pendant la première cinématique de fin. Le soft dispose ainsi de sept fins différentes, qui dépendent de la confiance que vous portent vos protégées. En bref, comptez plus d’une cinquantaine d’heures de jeu si vous choisissez la route la plus longue, et le double pour découvrir les deux versions du scénario.

Un visuel qui claque

Maintenant que vous savez presque tout sur le gameplay, il convient de recadrer les choses pour éviter toute confusion. Si vous recherchez un titre aux graphismes nouvelle génération et que Final Fantasy XII fait partie de vos références, laissez tomber Ar Tonelico. A l’instar d’Atelier Iris, le soft base tout son charme sur un design kawai en 2D aux couleurs chatoyantes et des artworks de toute beauté (dont le célèbre Nagi s’est occupé avec brio). Aussi, ne vous étonnez pas d’y constater une animation ultra minimaliste et une atmosphère old school à souhait. Ce diamant à l’état brut s’adresse tout particulièrement aux fans de RPG de la première heure désirant se plonger dans un soft leur rappelant la bonne vieille époque de la 2D (remise au goût du jour bien entendu…). Les villes ne font guère plus que quatre ou cinq écrans et le tout se déroule souvent à base d’images fixes, mais le visuel des décors et des personnages se révèle tellement magnifique que flâner dans l’univers immersif d’Ar Tonelico devient vite une véritable drogue pour qui sait apprécier le tout à sa juste valeur.

Seule la jolie carte du monde est en 3D, nous dressant ainsi un sympathique tableau coloré de la disposition des lieux à visiter. Quant aux cinématiques, il s’agit tout bonnement de scènes animées tout aussi remarquables que l’OAV tirée du jeu. Mais ce qui fait craquer le joueur dès les premières secondes reste sans conteste la bande son. Pour un RPG dont la chanson occupe une place capitale, il fallait vraiment que l’OST fasse preuve d’une qualité supérieure, et le pari est amplement réussi. Non seulement les morceaux principaux retranscrivant les chants des Reyvateils s’avèrent absolument envoûtants, mais les musiques d’ambiance demeurent très entraînantes, toujours dans un style old school. Si vous avez l’occasion de vous procurer le CD de cette OST, n’hésitez pas car elle se classe aisément parmi les meilleures du moment.

     


Le freezing qui gâche tout, ou comment polluer à mort un jeu génial !

Ar Tonelico regorge de choses à faire lorsque vous désirez pauser un peu votre progression dans l’aventure, à tel point qu’il est impossible de s’ennuyer. Aussi rien ne vous empêche entre deux explorations de donjons de plonger dans les cosmospheres de vos Reyvateils, de leur parler, de customiser leurs magies, ou bien encore de créer de nouveaux items surpuissants avec l’alchimie… Du coup, on se demande bien ce qui peut venir entacher un tel bijou, outre sa réalisation volontairement old school qui risque de ne pas forcément plaire à tout le monde. Eh bien malheureusement, il existe un gros problème dans le jeu, qui provient non pas du fond de son contenu, mais de son format DVD et de la façon dont la PlayStation 2 exécute ses accès aux données sur ce support…

En effet, Ar Tonelico (dans sa version US en l’occurrence) collectionne les freezes qui viennent temporairement figer l’écran l’espace d’une demi-seconde. Si ce n’était qu’occasionnel, cela passerait encore, mais ces ralentissements se produisent à chaque attaque pendant les combats ! Oui, vous avez bien lu, chaque fois que vos personnages lancent un assaut (même basique), la PS2 freeze une demi-seconde, ce qui saccade passablement l’action, et qui se révèle surtout fort agaçant lorsque vous désirez vous livrer à un cliquodrome intensif afin d’expédier rapidement un combat trop facile (et Dieu sait qu’ils pullulent…). On note aussi des bugs du même genre lorsque la console cherche à accéder à la banque sonore du soft (que ce soit pour n’importe quel son non enregistré en mémoire récemment, par exemple une voix, un bruitage, etc.), lorsque qu’un chargement de zone intervient (alors qu’on s’est tapé un loading juste avant), et de temps à autres aléatoirement (je vous avoue que je n’ai pas tout noté tant je suis blasé au bout de 50 heures…). On finit par s’habituer tant bien que mal après quelques heures mais un tel défaut relève du canular à ce niveau, surtout sur PS2 où le développement devrait en principe être maîtrisé à la perfection à l’aube de sa disparition… Dans un souci d’exactitude, je précise que j’ai testé deux exemplaires du jeu sur deux consoles différentes pour le même constat. Heureusement, le mini-artbook fournit avec le jeu (toujours dans sa version US) aide à faire passer la pilule.


Voici une vidéo qui permet d'appréhender le gameplay du soft ; ouvrez grand vos oreilles pour profiter de la musique !


Une vidéo qui présente les différents protagonistes du jeu et leur personnalité.


Bilan extrêmement positif pour Ar Tonelico, qui, si l’on omet les freezes réguliers, parvient à séduire n’importe quel amateur de RPG old school grâce à son univers fascinant, ses personnages attachants, son système de jeu ultra complet et sa bande son efficace. Si sa facilité n’apporte malheureusement aucun réel challenge aux habitués du genre, elle permet néanmoins aux joueurs désireux de s’initier aux RPG de commencer l’aventure avec un titre de qualité.

 
 
 

 

Par X-Fab, le 15/03/2007  

 
 
 
     
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